Le festin de Margaret Kennedy

Plaisir de lecture : 18/20

j’ai aimé :

  • la finesse du style et son humour
  • l’ambiance colonie de vacances, la cacophonie, les dialogues et les ragots

Le festin de Margaret Kennedy

Traduit par Denise Van Moppès
Parution le 03/03/2022 aux Editions La table ronde
480 pages

Présentation de l’éditeur : Cornouailles, 1947. Comme tous les étés, le révérend Seddon rend visite au père Bott. Hélas, son ami n’a pas de temps à lui accorder cette année, car il doit écrire une oraison funèbre : l’hôtel de Pendizack, manoir donnant sur une paisible crique, vient de disparaître sous l’éboulement de la falaise qui le surplombait. Et avec lui, sept résidents…
Dans cette maison reconvertie en hôtel par ses propriétaires désargentés étaient réunis les plus hétéroclites des vacanciers : une aristocrate égoïste, une écrivaine bohème et son chauffeur-secrétaire, un couple endeuillé, une veuve et ses trois fillettes miséreuses, un chanoine acariâtre et sa fille apeurée… Le temps d’une semaine au bord de la mer dans l’Angleterre de l’après-guerre, alors que les clans se forment et que les pires secrets sont révélés, les fissures de la falaise ne cessent de s’élargir…
Auteure talentueuse et espiègle, Margaret Kennedy pousse à leur comble les travers de ses personnages dans une fable pleine d’esprit et de sagesse.
Ce Festin est un régal !

Mon avis :

Le festin nous accueille à Pendizack au mois d’août 1947 dans les Cornailles dans une ambiance colonie de vacances avec des gens plus méprisables les uns que les autres. Et c’est délicieusement drôle ! 

Même si on sait que ça finira mal puisque le livre commence par la rédaction d’une oraison  funèbre par le révérend Bott. Un morceau de falaise est tombé sur l’hôtel et certains des personnages. Mais on ne sait pas lesquels. 

Petite immersion dans cet hôtel familial où se croisent des personnes issues de classe différentes, la mère de famille à qui le médecin demande de se reposer et de bien sélectionner ses aliments sans manger avec ses enfants pour éviter toute mauvaise digestion (faut que je pense à demander la même ordonnance), la propriétaire qui tente de contenter les exigences de chacun, la veuve sans scrupule qui n’a pas l’air de s’inquiéter plus que ça du sort de ses enfants, le chauffeur-écrivain opportuniste, l’écrivaine malsaine, un couple très touchant toujours en deuil de leur petite fille. Avec tout ce beau monde, les enfants ne sont pas non plus en reste dans leurs quêtes d’aventures.  Et bien sûr pas d’hôtel à la hauteur ni d’histoires pétillantes sans une intendante abjecte avide de ragots et fouineuse.

Les mères sont perfides, égoïstes, indifférentes et toxiques. Les femmes n’ont pas vraiment le beau rôle mais les hommes ne sont pas en reste, c’est juste qu’ils sont un peu moins mis en lumière par la plume ironique de Margaret Kennedy. J’adore ! 

Les personnages sont souvent ridicules, envieux, égoïstes ou opportunistes mais le style est délicat, l’histoire et la psychologie des personnages finement livrés pour une lecture très élégante.

Noyade, accusation de vol, commérages, animosité et envie viennent savoureusement agrémentés la semaine qui précède l’accident. Les rebondissements sont fréquents, les vacances ne sont pas de tout repos, les conversations sont parfois explosives mais tout est courtois malgré les jalousies.

On grince des dents, on s’indigne, on sourit, on rit tout en étant tenu par cette fatalité qui rend la lecture savamment émouvante avec un soupçon de suspens.


2 réflexions sur “Le festin de Margaret Kennedy

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s