Sous la peau de Rebecca Watson

Plaisir de lecture : 18/20

Je recommande : oui pour une structure surprenante, un livre happant.

J’ai aimé :

  • l’urgence qui se dégage du livre
  • la maitrise pour une structure si originale

Sous la peau de Rebecca Watson
Traduit par Julia Kerninon
Parution le 24/03/2021 aux Editions Grasset 288 pages

Présentation de l’éditeur : Sous la peau raconte la journée d’une jeune femme, depuis l’alarme de son réveil qui la tire d’un cauchemar récurrent, jusqu’au soir, au moment de s’endormir contre son petit ami. Une journée comme les autres, la terrible routine que la narratrice vit toute la semaine lorsqu’elle prend son métro pour se rendre au bureau, à la rédaction du journal qui l’emploie. Le même trajet, les mêmes collègues, les courriels à traiter et les notes de frais à classer, toutes ces tâches répétées mécaniquement pour ne pas sombrer dans l’angoisse en attendant que l’heure passe. Car à chaque instant, elle risque de croiser son agresseur.
La jeune assistante administrative a été violée par son patron. Alors, elle n’a qu’une obsession  : faire que la journée passe le plus vite possible, en ayant le minimum d’interactions avec ses collègues, jusqu’à 18h lorsqu’elle pourra enfin quitter son bureau. Nous nous immisçons alors dans son monde intérieur, dans son quotidien et parmi les souvenirs qui envahissent son corps jusqu’à se dissimuler sous sa peau. Alors elle se gratte sans pouvoir s’arrêter, aux toilettes, sous son bureau, partout elle se gratte en repensant à son patron et à ces atroces minutes qui la hantent depuis. Elle fixe l’heure sur l’écran de son ordinateur, encore quelques minutes et elle pourra essayer de penser à autre chose en retrouvant les bras de son compagnon. Mais parviendra-t-elle, cette fois, à lui raconter ce qui s’est passé  ? Avant qu’une nouvelle journée commence…
Tout en jeu de miroirs, Sous la peau est un roman d’une grande puissance qui nous entraîne dans un voyage intime. Les pensées de la narratrice s’entrechoquent pour nous faire découvrir une psyché meurtrie, qui tente de survivre à la routine. Rebecca Watson raconte un monde intérieur où les désirs et les peurs cohabitent, une rencontre intime absolument bouleversante.

Mon avis :

J’ai voulu feuilleter le livre puis les pages se sont enchaînées, j’ai été happée et je l’ai terminé d’une traite. 

C’est une  construction assez étonnante dans ce roman qui relate les pensées d’une femme durant une journée. 

Du dur réveil au coucher, ses pensées fusent et elles nous sont livrées d’une manière originale. Le texte est comme explosé sur les pages, parfois en colonne comme un miroir, les actes et pensées sont mis en parallèle. 

Tout est comme balancé sur papier, ça part dans tous les sens.

Mais attention, ça pourrait paraître décousu mais c’est très maîtrisé et tout prend forme et  vie pour le lecteur. 

Ces pensées racontent une histoire. Discrètement, la narratrice nous livre un drame. Elle peut paraître légère mais ce sont ses désirs, ses angoisses, ses craintes qu’elle livre. 

Derrière cela c’est quelque chose qu’elle n’arrive pas à dire à voix haute, même à  » son lui »,  cet homme qu’elle aime mais à qui elle ne peut livrer ce dont elle a été victime. 

Ça s’enchaîne très vite, c’est intriguant dans la structure et complètement prenant dans le rythme, il y a comme une urgence. Une urgence de tout dire, de retranscrire la moindre idée sans pour l’avouer. 

C’est bluffant et c’est du pur bonheur à la lecture.


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