L’instruction de Antoine Brea

j’ai aimé :

  • L’immersion dans le monde judiciaire
  • le rythme posé de l’enquête

L’instruction de Antoine Brea
Parution le 21/01/2021 aux Editions le Quartanier
321 pages

Présentation de l’éditeur : Jeune magistrat sorti d’école, Patrice Favre est nommé temporairement juge d’instruction en banlieue parisienne – une banlieue lointaine fictive, mi-réelle mi-fantomatique. On observe les débuts de Favre, ses premières audiences au Palais de justice, ses trajets somnolents en train, à pied ou en voiture à travers la banlieue, ses investigations dans le cas criminel dont il a hérité, celui du meurtre d’un détenu emprisonné pour crime sexuel. Son prédécesseur – Herzog, un magistrat décati, énigmatique, en tout cas plus expérimenté – s’y est épuisé avant de se donner la mort.
Au fil du livre, au fil de son enquête, où il progresse pour l’essentiel en reprenant l’instruction qu’a menée Herzog avant lui – c’est-à-dire à travers la consultation d’un monceau labyrinthique de papier, de rapports, de types variés de documents, d’énoncés instables consignés –, Favre est renvoyé à ses dilemmes, à ses choix de vie, à sa propre histoire familiale et au récit national trouble, à toute la comédie sociale qu’il faut jouer pour tenir le rang dans son milieu et son métier. Roman empruntant parfois au documentaire, L’instruction questionne avec inquiétude la société française contemporaine à travers le prisme technocratique, judiciaire, carcéral et policier. C’est une manière d’anti-polar, où l’enquête consiste surtout dans la recherche existentielle, voire métaphysique, d’une solution au malaise croissant de l’enquêteur.

Mon avis :

Dans une autre vie, j’ai été greffière et j’étais fascinée par le travail de magistrat. J’ai eu grand plaisir à retrouver ce monde judiciaire sous cette plume juste et prenante avec la mise en scène des procès, la parade des avocats puis le huis clos des juges.

Patrice Favre reprend le poste d’un juge d’instruction qui s’est suicidé, Herzog. Il reprend les dossiers en cours dont celui de l’agression d’un détenu emprisonné pour crime sexuel sur un mineur. Patrice Favre retrouve les carnets d’Herzog dans lesquels il découvre qu’il se sentait observé. 

Il reprendra l’enquête sur cette agression, remontera les éléments sur lesquels travaillait Herzog, interrogera d’autres témoins, fera d’autres liens. Au cours de ses recherches, c’est aussi un tableau de la justice et des maisons d’arrêt qui se brosse .

C’est une enquête mais le rythme est lent, c’est un autre espace temps, celui de la justice. Tout est réfléchi, le ton est posé. 

Mais au fil de l’enquête, les liens se font, le rythme s’accélère avec de nouveaux éléments jusqu’à un démêlé très surprenant.

C’est un huis clos avec ce jeune juge qui nous entraîne, aussi par ses réflexions, dans son intimité dévoilant ses propres tourments, sa relation avec son père lui aussi magistrat. 

On découvre un rythme particulier, intriguant et immersif qui se déploie dans ce livre.

Une très bonne lecture  captivante.


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