Le monde n’existe pas de Fabrice Humbert

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • Le style fluide
  • La jolie plume

Elles ont moins aimé

  • L’histoire superficielle sans relief
  • La quête vaine et stérile du narrateur

Le monde n’existe pas de Fabrice Humbert
Parution le 03/01/2020 aux Editions Gallimard Collection Blanche
256 pages

Présentation de l’éditeur : « Autrefois, j’avais un ami. Je l’ai rencontré il y a bien longtemps, par un jour d’hiver, sautant de sa voiture et grimpant quatre à quatre les marches du lycée Franklin. C’est le souvenir le plus vivace que j’aie de lui, une impression inégalable d’éclat et de beauté – les couleurs scintillantes d’une époque où toutes mes sensations étaient brutales. Figé sur les marches, rempli d’admiration et de honte, j’étais égaré dans ma condition de « nouveau », égaré en moi-même. Il m’a sauvé – des autres, de ma propre jeunesse. Des années plus tard, alors que cet homme était devenu une image détestée, j’ai tenté de le sauver. J’aurais aimé qu’on sache qui il était vraiment. » Lorsque Adam Vollmann, journaliste au New Yorker, voit s’afficher un soir sur les écrans de Times Square le portrait d’un homme recherché de tous, il le reconnaît aussitôt : il s’agit d’Ethan Shaw. Le bel Ethan, qui vingt ans auparavant était la star du lycée et son seul ami, est accusé d’avoir violé et tué une jeune Mexicaine. Refusant de croire à sa culpabilité, Adam retourne à Drysden, où ils se sont connus, pour mener l’enquête. Il comprendra bientôt que cette affaire dépasse tout ce qu’il pouvait imaginer… Le monde n’existe pas, roman au suspense haletant et réflexion virtuose sur la puissance du récit, interroge jusqu’au vertige une société aveuglée par le mensonge, où réalité et fiction ne font qu’un.

L’avis de Cécile :

La réalité est une fiction.

Des années après l’avoir côtoyé au lycée, un journaliste new-yorkais repart à Drysden, ville de son adolescence, sur les traces d’un ancien camarade aujourd’hui accusé de meurtre et viol sur une jeune fille.

Ce qui m’a frappée dès le départ, c’est que le narrateur est vraiment étrange (call him weirdo) ; il ne cesse de parler de son ancien camarade Ethan comme d’un demi-dieu alors qu’on pourrait s’attendre à ce que, des années plus tard, il ait dépassé ce stade de l’adoration/adulation pour un autre adolescent.
Il pense le connaitre mieux que personne mais on se rend vite compte que l’obsession est unilatérale et que Ethan a tracé son chemin loin de lui.

Peu à peu, il commence à voir, à tort ou à raison, le meurtre dont son ami est accusé, comme une fiction à l’adresse du peuple, un coup monté, une histoire brillamment écrite.
Au fur et à mesure du récit il s’enfonce de plus en plus dans son trouble et la frontière entre réalité et fiction (ou paranoïa) devient de plus en plus ténue.

L’écriture est plaisante, recherchée, agréable à lire, agrémentée de figures de style. Elle nous emmène sur les chemins torturés de l’esprit du narrateur, dans une réflexion intéressante sur les faux-semblants, la frontière entre réalité et fiction, le processus de création.

Cependant, cette jolie plume n’a pas suffi à entretenir mon intérêt pour une quête qui m’a semblé vaine et stérile.

L’avis de Manon :

Voilà un livre que je m’empresse de chroniquer afin de ne rien oublier car si j’ai aimé beaucoup de choses, je l’ai trouvé un peu trop plat et linéaire dans le récit, j’en garderai un bon souvenir sans vraiment être marquée par l’histoire.

Alors qu’il vit à Washington, Adam déménage avec sa mère pour s’installer dans une petite ville Drysden. Dans son nouveau lycée Franklin, il fait la connaissance d’Ethan, un garçon populaire qui a beaucoup de succès avec les filles et qui devient son premier amour. Une fois Ethan parti, il subit les agressions des caïds de la ville parce qu’il n’y fait pas bon aimer lire si on est pas professeur, ni quand on est homosexuel.

17 ans après, alors qu’il est journaliste à New York, il retrouve les traces d’Ethan aux informations sur des écrans de Times Square. Il est recherché pour avoir violé et tué une fille mineure. Tout le pays est convaincu de sa culpabilité et pleure cette “fiancée de l’Amérique”. Commence une chasse à l’homme. On traverse le roman sans jamais rencontrer vraiment Ethan.

Le narrateur persuadé que le Ethan qu’il a connu (idolatré), dont il s’est façonné l’image ne peut faire une telle chose retourne à Drysden pour enquêter sur le meurtre.

J’ai apprécié le style, les références aux auteurs également journalistes (Hemingway, Garcia Marquez), la réflexion sur le pouvoir des journalistes et comment ils réussissent à manipuler la réalité, donner vie à une fiction, évincer la réalité. Le début a été une bonne surprise car je ne connaissais même pas le résumé du roman. Le titre “le monde n’existe pas” prend forme pour le lecteur. Si le style est fluide, la lecture agréable, aucun sentiment ne m’a été transmis dans ce livre. J’ai eu l’impression de lire une démonstration certes bien construite mais sans profondeur.


13 réflexions sur “Le monde n’existe pas de Fabrice Humbert

    1. Il pourrait peut-être te plaire, la plume est agréable. Tu y verrais peut-être quelque chose qui m’a échappé. Pour tout dire, le narrateur m’a tellement déplu que j’aurais eu du mal à être embarquée où que ce soit.

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    1. J’ai peur aussi que tu sois un peu frustrée si tu as été attirée par l’aspect nostalgie. J’aime beaucoup l’aspect nostalgique dans un roman mais ici, il n’est vraiment pas exploité comme je l’aime.

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