Les frères K de David James Ducan

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • Les personnages magnifiques et notamment la mère
  • Un rythme soutenu grâce à différents mode de narration

Elles ont moins aimé

  • Les longs passages relatifs au base-ball

Les frères K de David James Ducan
The Brothers K (1992)
Traduit par Vincent Raynaud
Parution le 18/10/2018 aux Editions Monsieur Toussaint Louverture
800 pages

Présentation de l’éditeur : Vibrante peinture des relations humaines au coeur de l’Amérique des années soixante, Les Frères K nous emporte avec tendresse dans les méandres de la famille Chance. Entre un père aux rêves brisés et une mère obsédée par la religion, entre sirènes de la liberté et fanatisme, les enfants devront choisir leur propre manière d’appréhender un monde en pleine effervescence. Si Everett, l’aîné rebelle, cherche à renverser toute forme d’autorité, Peter, l’intello bohème, tente plutôt de construire ses propres croyances, tandis qu’Irwin, l’innocent géant, suit simplement sa foi. Mais quand viendra le temps des guerres, celle du Vietnam, celle des certitudes et celle, plus intime, entre générations, tous souffriront. Profondément drôle, émouvante et superbement écrite, l’histoire de ces deux décennies d’amour, de colère et de regrets nous entraîne aussi bien dans l’enfer militaire du Vietnam ou dans une Inde rocambolesque digne de Wes Anderson que dans le trou le plus perdu et humide du Canada. Contée par David James Duncan, la vie de cette famille – et son éclatement – est poignante d’universalité, elle parle de nos soeurs, de nos frères, de nos difficultés et de nos moments de grâce. Œuvre solaire qui accueille à bras ouverts et où l’on trouve délicatesse et humanité, Les Frères K est une ode à la bonté capable d’adoucir les instants durs du quotidien comme d’en révéler ses éclats éblouissants.

En 1965, David James Duncan a treize ans, son frère John, qui en a dix-sept, décède des complications d’une opération à cœur ouvert. C’est en hommage à ce grand frère, que David se lance – vingt ans plus tard – dans l ’écriture de son deuxième roman, avec l’envie de savoir comment John aurait abordé la guerre du Vietnam et les changements radicaux de son pays. Il crée alors trois aînés imaginaires avec lesquels il vivra les six années que prendront l’écriture de ce livre.

L’avis de Manon :

Voilà un roman délicieusement dense et une famille qu’on quitte avec regret. Normal quand on a 6 enfants, dont deux jumelles, très différents au sein d’une famille avec des destins et croyances bien différents. C’est également un livre plein de subtilités qui requiert de l’attention pour ne pas laisser échapper toutes les nuances de sentiments par lesquels l’auteur nous fait passer.

Cette famille pleine de nuances c’est la famille Chance qui n’a de chance que dans son nom  le K fait référence à l’échec. Ce qui partage cette famille c’est la religion, celle de leur mère adventiste à laquelle peu d’enfants adhérent, celle du père, le Baseball, puis celle d’un des fils bouddhiste ou la révolution dans laquelle s’engage l’aîné.

La poisse commence avec ce papa joueur de baseball qui coince son pouce dans un machine de l’usine qui l’embauche. Là s’arrêtent ses ambitions de joueur professionnel.

Le baseball a une place importante dans le livre et j’avoue que cela m’a fait peur dans la première partie mais la deuxième moitié du livre se concentre sur les fils et le baseball prend moins de place. Et oui, c’est la guerre du Vietnam qui vient par la suite désunir cette famille et c’est cette seconde partie du livre qui m’a vraiment ému car devant les épreuves, tout l’amour qui les unit jaillit et nous saisi. Les personnages sont attachants, les disputes entre membres de la famille sont parfois jubilatoires tant l’auteur fait monter la tension au cours de certaines scènes, mais souvent tout le monde est au bord du fou rire et nous aussi.
Et c’est là que s’est trouvée, pour moi toute la subtilité du livre le rire malgré toutes les tragédies vécues. Ce qui est constant dans ce livre c’est le courage dont fait preuve chaque membre de la famille qui s’agrandit tout au long de l’histoire. Le courage qui fait qu’ils ne capitulent jamais.

Si l’histoire est essentiellement racontée par Kincaid, dont on ne sait pas grand chose en fin de compte, les prises de paroles sont multiples grâce aux lettres ou aux dissertations des enfants. Ce que j’ai apprécié dans la structure du livre. Quand c’est un pavé pareil, des modes de rédaction différents permettent de rendre la lecture moins linéaire, je trouve, et aussi d’éviter la monotonie.
Le livre n’a pas été un coup de cœur surtout à cause de la place du base ball mais j’ai eu un coup de cœur pour le personnage de la mère, c’est un chef d’orchestre et un pilier contre l’anarchie dans la famille, une femme de fer sans qui tous seraient perdus.

L’avis de Cécile :

« Le base-ball n’est pas la vie. C’est une fiction, une métaphore. Et un joueur est un homme qui accepte d’alimenter cette métaphore comme si des vies étaient en jeu. »

Cette métaphore, David James Duncan la file d’un bout à l’autre de ce puissant roman.
Ce qu’il nous offre là, c’est l’histoire de la famille Chance. Pour paraphraser Everett, l’aîné des enfants, la vie va tenter de les éliminer sur strikes, ils vont se perdre eux-mêmes, devenir quelqu’un d’autre pour que ce soit, ironie du sort, la seule manière de sauver leur peau.
La famille Chance est riche en personnages romanesques : une mère aimante mais très religieuse, un père très bon joueur de base-ball mais ayant raté sa carrière professionnelle, quatre garçons aux personnalités aussi différentes que percutantes -sauf Kincaid le narrateur dont nous ne saurons pas grand-chose- et pour la touche féminine, des jumelles. Les cultes qui les gouvernent sont le base-ball et l’Église adventiste, avec plus ou moins de ferveur de la part de chacun des membres de la famille.
De 1956 à 1980, nous allons suivre la vie des Chance, traverser avec eux les grands bouleversements historiques comme la guerre du Vietnam, surmonter des difficultés diverses… Attention, ce n’est pas la famille Ricoré et l’amour qui existe entre eux se transforme parfois en déferlements de haine.
Le texte est puissant, c’est une écriture belle mais exigeante et le lecteur est sans cesse interpellé par une idée ou une autre ; pas une lecture reposante donc… Il y a de belles fulgurances qui me sont allées droit au cœur. L’auteur parsème également son récit de phrases faisant office de prophéties et qui donne une forte intensité à l’histoire.
Par certains aspects, et notamment sur le sujet de la guerre du Vietnam et des protestataires, Les frères K m’a beaucoup fait penser à 4 3 2 1 de Paul Auster, roman postérieur mais que j’ai lu avant.
Petit bémol tout de même pour moi, les longs passages relatifs au base-ball, carrières de joueurs, récits de matchs, m’ont parfois désintéressée, un peu ennuyée.

Pourtant les notes de bas de page sont très utiles et les explications très claires. Cependant, cet aspect parle certainement plus aux américains qui baignent dans la culture base-ball qu’à moi qui n’en connais pas grand-chose.
Mais ce n’est pas ce que je garderai de ce magnifique roman, je préfère retenir de ces 750 pages que l’amour entre les parents Chance est le « véritable héritage » de leurs enfants.

Prem se bhiksha dijiye. Ce que tu donneras avec amour, nous l’accepterons.


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