Le monde infernal de Branwell Brontë de Daphné du Maurier

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • En savoir plus sur le frère oublié des Brontë
  • La beauté du livre et l’agréable prise en main de la collection Quai Voltaire

Elles ont moins aimé

  • Trop de détails sans importance
  • L’avalanche d’informations qui sera difficilement retenue

Le monde infernal de Branwell Brontë de Daphné du Maurier
The infernal world of Branwell Brontë (1960)
Traduit par Jane Fillion
Parution le 24/05/2018 aux Editions de la Table ronde (Collection Petit Quai Voltaire)
352 pages

Présentation de l’éditeur : Branwell est l’enfant maudit de la famille Brontë. L’unique frère de Charlotte, Emily et Anne était pourtant promis à un brillant avenir. C’est lui qui construisit le monde imaginaire de la fratrie, inventa les jeux qui nourriraient l’imagination de ses sœurs, lui qui les inviterait à la création, à l’écriture. Mais l’enfant prodige devint peu à peu un poète déchu s’aidant d’alcool et d’opium pour surmonter la folie, tandis que ses trois sœurs accédaient à la renommée.
En 1960, lorsque de nombreux manuscrits de Branwell sont découverts au presbytère de Haworth, Daphné du Maurier s’étonne qu’aucun biographe ne se soit penché sur ce sombre personnage. Jane EyreLes Hauts de HurleventAgnes Crey… Ces chefs-d’œuvre auraient-ils vu le jour si leurs auteures, durant l’enfance, n’avaient pas connu le monde fantastique façonné par Branwell? C’est la question qu’elle se pose tout au long de ce roman vrai.

L’avis de Cécile :

Je dois reconnaître qu’après la biographie des sœurs Brontë par Jean-Pierre Ohl, celle-ci fut une déception pour moi.

J’ai trouvé la biographie beaucoup trop détaillée sur des points sans importance ; les énumérations des comptes des Robinson, les employeurs de Anne et Branwell n’étaient absolument pas indispensables. Les longs extraits de poèmes pour démontrer que le talent de Branwell déclinait ou n’avait jamais été à la hauteur de celui de sa sœur Emily m’ont également semblé superflus, d’autant plus que je n’y connais pas grand-chose en poésie. Enfin, le rapprochement incessant entre Branwell et son personnage Percy, si il est très intéressant -il est d’ailleurs la pierre angulaire de la biographie de Daphné du Maurier-, est beaucoup trop détaillé et je me suis parfois perdue entre les personnages d’Angria et les relations réelles des Brontë.

Comme pour la biographie de Jean-Pierre Ohl, j’ai regretté que Tante Branwell ne soit pas assez évoquée alors qu’elle fut une mère pour Branwell et ses sœurs.
Sur la forme, alors que je pensais retrouver la vie des romans de Daphné du Maurier, les affirmations « tempérées » m’ont gardée à distance de la biographie, les « ce fut presque certainement… » ou « les explications […] durent constituer pour lui… ». Elle n’insuffle pas de vie, pas de passion à sa biographie, ce qui est un comble pour décrire un personnage aussi exalté que Branwell Brontë.

Cependant, la romancière jette un autre éclairage sur la relation entre Branwell et la femme de son employeur, qui serait selon elle totalement fantasmée par ce dernier. Il est intéressant de voir comment elle présente les choses.

Et cet ouvrage a eu l’intérêt de me replonger dans la vie des Brontë juste au moment de mon séjour à Haworth.
Branwell était-il épileptique ? Schizophrène ? Bipolaire ? Est-ce le piédestal sur lequel on l’a placé dès son enfance qui a causé sa chute ? Ce personnage torturé garde tout son mystère.

Je dois aussi signaler la grande qualité du livre, les pages sont douces, de belle qualité, la couverture est très belle et l’intérieur parsemé de petits détails s’y rapportant. Une très belle édition.

L’avis de Manon :

De la biographie des sœurs Brontë, j’avais retenu que Branwell était le frère terrible instable, alcoolique qui venait troubler ses sœurs. Si ce livre ne reporte pas une image complètement différente de Branwell, il nous livre un homme évincé par ses sœurs qui va d’échec en échec alors qu’il avait été protégé et adulé par son père mais également par ses sœurs durant l’enfance. Il a initié un jeu avec ses sœurs, créant un monde ses sœurs ont su exploiter pour leurs œuvres, lui s’est enfermé dans un monde très sombre avec ses démons et ses échecs. Un monde dans lequel il se réfugie après les échecs et l’absence de réponse à ses propositions de publications. On en apprend enfin plus sur Branwell. L’auteur recoupe sa vie avec son oeuvre, des poèmes qu’elle fait coïncider avec ses expériences. C’est un homme frustré qui à 20 ans  ne gagne pas sa vie. Ni à 28 ans puisqu’il retourne au presbytère  et voit sa santé décliner. Il s’essaie en tant que portraitiste, abandonne, reprend la plume, devient employé de chemin de fer mais ne réalise pas la carrière qu’il veut puis trouve un poste de précepteur.

Le livre offre beaucoup d’informations et l’auteur cite méticuleusement ses sources, beaucoup de correspondance, notamment celle de Charlotte. J’ai parfois eu l’impression de lire un reportage très précis mais la lecture reste fluide grâce à la plume.  C’est un livre riche dans lequel je retournerai de temps en temps car je pense ne pas avoir retenu la moitié des informations. Les références en annexe dont la présentation des nombreuses personnes autour des Brontë sont bien utiles. 

Et mention spéciale pour l’objet lui-même. J’aime beaucoup ma liseuse mais j’ai trouvé cette édition très belle avec une touche de violet. Le papier et la manipulation de ce livre m’ont rendu le contact très agréable.


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